logo

Pompon


 

François POMPON

Un sculpteur d’avant-garde
1855 – 1933

 

  Dès les premières années du XXème siècle, une partie des élèves et des praticiens de Rodin, cherchent à s’affranchir de l’ascendant du grand sculpteur romantique qui domine la sculpture depuis plusieurs décennies. Lucien Schnegg va déclencher le mouvement entouré de Charles Despiau, Wlérick, Drivier, Dejean etc. les animaliers Jeanne Poupelet et François Pompon (né en 1855).

  Ces derniers s’unissent par la volonté de se tourner vers des valeurs classiques ; c’est à dire, ni cubisme, ni romantisme expressionniste ou impressionniste (Médardo Rosso)

 Concernant les animaliers, il s’agit de rompre avec la filiation d’un autre géant du romantisme ; Antoine Louis Barye.

 Si Maillol, Joseph Bernard et Lucien Schnegg ouvrent la voie du modernisme pour la « figure humaine » , François Pompon fait entrer la sculpture animalière dans l’ère de la modernité dont la « synthèse » sera la caractéristique première.

  Les arts égyptiens où chinois ainsi que le « japonisme » (déjà en vogue en 1880) serviront d’inspiration théorique et décorative aux artistes.

  « La simplicité est la complexité résolue ». Ce mot de Brancusi s’applique parfaitement à l’art de Pompon dont la préoccupation est de restituer l’impression du mouvement avec l’handicap de la fixité. Pour cela, il lui faut observer le modèle en évolution donc travailler sur le motif (dans la campagne, au Jardin des Plantes…) en prenant des croquis ou façonner des petites esquisses en terre. Cela lui permet de dégager les lignes de force de l’animal. Pour Pompon un volume se définit dans l’espace par la pureté de la ligne et chaque sculpture peut se lire en ombre chinoise. Plus la sculpture se débarrasse des détails du modelé naturaliste, plus la forme apparaît dans son essence. Mais cela suppose une parfaite connaissance de l’anatomie de l’animal. Par exemple, si on passe la main sur le dos de « l ‘Ours blanc », la pièce qui l’a rendu célèbre (elle entre au Musée du Luxembourg en 1927), on peut sentir le squelette et la tension musculaire sous l’aspect lisse de la surface, ce qui nous donne la sensation que l’ours est en mouvement.

  Pompon a été le premier artiste animalier à adhérer aux tendances de l’avant-garde sculpturale. Si ses dessins s’apparentent à ceux de Modigliani, Marcel Duchamp, Zadkine etc., des sculptures comme « Le canard sur l’eau » évoquent le phoque de Brancusi « La cigogne » ou « la grue cendrée » de Pompon ont les mêmes formes ovoÏdes que « l’oiseau d’or » de Zadkine (1920), « les colombes » (1913) de Barbara Heptworth ou « les colombes » de Jacob Epstein.

  C’est Brancusi et l’art funéraire roumain qui influencent Pompon lorsqu’il place « le condor » sur une haute colonne sur la tombe de son épouse.

  Pompon maîtrisait aussi bien l’art du bronze que la taille directe (il fit des pratiques pour Rodin pendant plus de quinze ans et pour Saint Marceaux plus épisodiquement). A partir de 1922, Pompon participe aux expositions de la « douce France » organisées par Emmanuel de Thubert, mais il ne considère pas la taille directe supérieure à l’édition en bronze. Pompon pense que les deux techniques ne s’excluent pas (en 1919, c’est déjà un débat dépassé). Pompon expose en compagnie de Joseph Bernard « le vase aux canards » et « la taupe » à la galerie Barbazanges.

  1906 sera une année importante pour Pompon. En effet, il établira un contrat avec A.A.Hébrard qui lui achète « la poule cayenne » en pleine propriété (Hébrard éditera les œuvres de Pompon jusqu’en 1924). Pompon contrôlait chaque pièce qui sortait des ateliers, ciselant lui-même et exécutant les patines quand il ne réalisait pas intégralement certaines pièces à son profit, si bien que l’on rencontre ces pièces sans cachet de fondeur (cela faisait partie des arrangements entre Pompon et Hébrard). C’est chez Hébrard qu’il expérimentera avec bonheur les patines « japonisantes» mouchetées, subtilement nuancées et riches en couleurs.

  Plus tard, chez C Valsuani, d’autres types de patine apparaissent ; sur des épreuves parfaitement lisses, elles se caractérisent pas leur profondeur, leur transparence, conçues comme des glacis de peintres hollandais. Pompon obtenait des tons que personne n’a pu reproduire après sa mort ; c’est pour cela que Pompon ne voulait pas de fonte posthume… on ne voit pas de patines « ardoises » , ce ton gris foncé nuancé aux transparences profondes acier.

  Chez Valsuani, Pompon gardera la même autonomie que chez Hébrard.

  Bien que fidèle au Salon des Artistes Français, Pompon se joint à la Société des Artistes Animaliers Français lors de la troisième exposition en 1921 sous la présidence de Georges Gardet dont la démission sera obtenue en 1931. Pompon dominait ce salon depuis de nombreuses années en compagnie de Edouard-Marcel Sandoz. Ils fondent un salon dissident en 1927 ; le Salon des Animaliers contemporains.juin 201

  En 1931, Pompon forme le groupe des Douze. Il rassemble des disciples comme Artus, Hilbert, Lemar, Poupelet… ainsi que Paul Jouve, Guyot… Pompon expose dans tous les salons qui reflètent les tendances modernes.

  Il meurt en 1933mais ses inventions et sa puissance créatrice font encore école de nos jours avec des artistes comme Galoyer, Conrad, Despoulain, etc… Grâce à Pompon, ils se partagent les prix importants, la Fondation Taylor, le Prix Sandoz.

 

Jocelyn REBOUL - Expert -

 

Union Française des Experts

 Jocelyn nous a quitté le 19 Décembre 2011

 

Bernard Robert - Assistant -

::::::::::::::::::::::::::::::::

Voir catalogue Vente Pompon du 2 Juin 2012 à Pontoise

(Résultats)

::::::::::::::::::::::::::::::::

François Pompon

::::::::::::::::::::::::::::::::

Le catalogue raisonné -